Intérêts des tests de multi dépistages (Phadiatop)

Ce qu'il faut savoir :

Deux types de tests multi allergéniques :

  • Aéroallergènes : Acariens, Animaux, Moisissures, Pollens d’herbacées, Pollens de graminées, Pollens d’arbres, blattes (Phadiatop®, StallerTest®, ect…)
  • Allergènes alimentaires (Trophatop®, ect…)

Principe :

  • Rechercher à partir d’un prélèvement sanguin des IgE spécifiques de tout un panel d’allergènes courants devant des symptômes évocateurs d’une allergie.

Résultats :

    • Soit positif: présence d’IgE spécifiques envers un ou plusieurs allergènes recherchés. Mais pas d’identification précise.
    • Soit négatif

Exemple de résultat :

Attention à l’interprétation :

      • Un test positif signe la présence d’une IgE spécifique à un allergène donné (ou de plusieurs à la fois)
      • Mais la présence d’IgE spécifique à un allergène n’est pas toujours synonyme d’allergie (surtout pour les aliments).

Ex : On peut avoir un taux IgE spécifiques pour le chat augmenté, et n’avoir aucune manifestation allergique. C’est donc une sensibilisation simple au chat, et non une allergie.

      • Pour parler d’allergie, il faut une sensibilisation à un allergène et des signes cliniques allergiques concordants

Ex : IgE spécifique du chat positif sur le test multi allergénique + rhinite, conjonctivite ou asthme au contact d’un chat

De plus :

      • L’absence IgE spécifique envers un allergène n’élimine pas une allergie (La demie vie d’une IgE dans le sang est de 2,5 jours).
      • Un résultat positif peut être le reflet d’une allergie croisée. Certains allergènes ont une forte homologie de structure, expliquant dans le cas du Sd pomme-Bouleau, qu’une IgE dirigés contre l’allergène du bouleau se fixe également sur l’allergène de la pomme. Le test revient donc positif pour la pomme et le bouleau.

Principales limites :

      • Interprétation du test est qualitative, donc peu quantifiable.
      • Listes des allergènes testés non exhaustives.
      • Risques de faux positifs dans les réactions croisées pollens/aliments
      • Manque de sensibilité pour les trophallergènes, le seuil de détection étant plus élevé que pour les IgE spécifiques unitaires (par contre bonne sensibilité pour les pneumallergènes)
      • Reproductibilité moyenne des tests (qualité de l’extrait allergénique pouvant être variable selon le test)

Intérêts :

      • Reste un outil de dépistage et d’orientation (n’a pas de valeur diagnostique).
      • A interpréter avec prudence
      • Privilégier les tests multi allergéniques pour les pneumallergènes plutôt que pour les trophallergènes

Nomenclature, une ordonnance peut contenir au maximum :

    • 1 test multi allergénique pour des allergènes respiratoires
    • 3 tests multi allergéniques pour des allergènes alimentaires

Dans la pratique:

  • Un patient présente une rhinoconjonctivite per annuelle pouvant correspondre à une possible allergie aux acariens.
  • La prescription d’un phadiatop permet de confirmer ou d’infirmer la cause allergique de manière assez performante.

Lien vers l’enquête de pratique concernant la place de la formation en allergologie dans les études de médecine générale : ICI

Bibliographie :

  1. Pauli, P. Scheinmann, J.-M. Tunon de Lara, P. Demoly , A.-B. Tonnel.  Quand et comment faire une enquête allergologique ? Vol 24, N° 8-C3  – octobre 2007 pp. 15-26
  1. Gaussorgues, H. Kerdranvat. Contribution de la biologie dans l’aide au diagnostic en allergologie. Revue Francaise s’allergologie 50 (2010) S55-S63

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