Les bases physiopathologiques de l’allergie

1- Qu'est ce que l'atopie ?

C’est la prédisposition génétique d’un individu à développer une sensibilisation puis une maladie allergique.

L’atopie se définit à l’aide de plusieurs critères :

  • Syndrome comprenant la dermatite atopique et/ou la rhinite allergique et/ou l’asthme allergique.
  • Liée à des facteurs génétiques ;
  • Avec synthèse accrue d’IgE spécifiques (et totales), envers les allergènes de l’environnement (pollens, acariens, moisissures) ;
  • Pouvant être mise en évidence par des tests cutanés ou une élévation des IgE spécifiques.

2- Sensibilisation ou allergie ?

La sensibilisation :

  • Processus immunologique qui se traduit une positivité des tests cutanés et/ou des d’IgE sériques spécifiques à des allergènes, sans présence de symptômes cliniques.
  • La sensibilisation est donc asymptomatique, et peut le rester longtemps, avant d’évoluer vers l’allergie proprement dite.

L’allergie:

  • Réaction anormale de l’organisme vis-à-vis de substances inoffensives (les allergènes) pour la majorité de la population, mais induisant une réaction immunitaire chez les sujets sensibilisés.
  • Positivité de tests cutanés et/ou des dosages d’IgE sériques spécifiques, avec présence de symptômes cliniques.

3- La marche atopique.

La marche atopique est la trajectoire qu’emprunte un enfant en passant d’une maladie allergique à une autre au cours de sa vie. Dans l’ordre d’apparition:

  • La dermatite atopique (favorisant le passage d’allergène du fait de l’altération de la barrière cutanée)
  • L’allergie alimentaire.
  • L’asthme.
  • Et la rhinite allergique.

4- Pourquoi l'allergique est-il allergique ?

  • Un sujet allergique va avoir tendance à orienter sa réponse immunitaire adaptative vers ce qu’on appelle une voie « Th2 », c’est-à-dire vers une différenciation lymphocytaire responsable de la production IgE spécifiques et de l’activation des éosinophiles.
  • Alors qu’un sujet non allergique va orienter la réponse immunitaire adaptative au contact de l’allergène vers une voie dite « tolérogène » par l’intermédiaire des lymphocytes T rég.

5- Comprendre l'allergie immédiate.

Pour rappel, il y a 4 types de réactions selon la classification de Gell et Coombs (principalement type I et IV en allergie) :

La physiopathologie de l’hypersensibilité de type I se découpe en 2 phases :

  • Phase de sensibilisation (1er contact avec l’allergène, asymptomatique)
  • Phase de déclenchement (2ème contact avec l’allergène, symptomatique)

  • Phase de sensibilisation:
    1. Pénétration de l’allergène à travers un épithélium.
    2. Prise en charge de l’allergène par une cellule dendritique immature (Cellule dont la fonction est la présentation de l’antigène).
    3. Activation et migration de la cellule dendritique vers les organes lymphoïdes secondaires.
    4. Rencontre entre la cellule dendritique mature et le lymphocyte T CD4 + naïf spécifique de l’antigène.
    5. Coopération entre le lymphocyte T et le lymphocyte B.
    6. Orientation vers la voie Th2 avec production IgE.
    7. Fixation IgE sur le récepteur de haute affinité du mastocyte.
    • Phase effectrice:
    1. Deuxième contact avec l’allergène en cause.
    2. Fixation de l’allergène au niveau des IgEs engagées sur les récepteurs des mastocytes.
    3. Pontage des récepteurs et libération des médiateurs « préformés » (histamine, tryptase), « néoformés » (leucotriène, prostaglandine, PAF) et production de cytokines pro inflammatoires.

Ces médiateurs sont à l’origine du phénomène d’inflammation, qui est spécifique à chaque organe (rhino conjonctivite, urticaire, bronchospasme, et anaphylaxie).

6- Qu'est ce qu'un allergène ?

Un allergène est une protéine comme une autre, habituellement inoffensif chez un sujet non allergique.

Si nous prenons, l’exemple de l’acarien « Dermatophagoides pteronyssinus » (Acarien domestique appelé dans le langage courant acarien de poussière), il existe 23 allergènes (ou protéines) découverts à l’heure actuelle pour ce type d’acarien. Il peut s’agir d’un constituant de la paroi (chitine), des fèces ou de la protéine musculaire « tropomyosine » que l’on retrouve également chez de nombreux invertébrés (crustacés et gastéropodes).

Un individu peut être aussi bien sensibilisé à plusieurs de ces composants allergéniques, que mono-sensibilisé à un seul composant.

On parle des « pneumallergènes » (ou aéroallergènes) pour les allergènes inhalés, et des « trophallergènes » pour les allergènes ingérés.

Il existe une autre catégorie d’allergène représenté par les allergènes de contact (haptène) que l’on retrouve dans les eczémas de contact (latex, cosmétiques, parfums…)

On peut également mentionner les allergènes professionnels et les allergènes médicamenteux.

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