Allergie médicamenteuse au cabinet : Quel interrogatoire pour aider au diagnostic ?

La problématique:

De nombreuses études l’ont démontré, uniquement 10 % des suspicions d’hypersensibilité médicamenteuse aux beta lactamines sont confirmées. Ce qui sous entend que les 90 % restantes sont pour la plupart des cas des réactions non spécifiques et non allergiques au cours d’un épisode infectieux.

Les enjeux :

Le médecin généraliste est le médecin en première ligne dans une grande majorité des suspicions d’allergies médicamenteuses.

L’allergologue ne voit le patient que 3 à 6 mois après (quand il ne s’agit pas de plusieurs années). La perte d’information est déjà importante et irrécupérable.

Un recueil précis des données lors de la consultation permettrait d’éviter des bilans souvent longs et parfois invasifs pour le patient.

La solution : Un questionnaire standardisé

Cette fiche simplifiée a été élaborée avec plusieurs allergologues afin d’aider le médecin généraliste dans le recueil des données lors de la consultation.

Le document peut être imprimé et donné ensuite à l’allergologue avec le courrier d’avis.

Pour le télécharger la fiche : ICI

Pour aller plus loin : Quelles explorations allergologiques médicamenteuses ?

Pour le cas pratique d’une suspicion d’hypersensibilité médicamenteuse de type immédiate à l’amoxicilline. 

Réalisation d’un prick test avec :

  • La molécule incriminée, ici une amino-pénicilline (amoxicilline)
  • Les autres types de pénicillines à la recherche d’une réaction croisée (Pénicilline G, ampicilline, Céphalosporines). Un temps de lecture à 20 minutes est recommandé.

Si les pricks tests sont négatifs, on effectuera :

  • Des intradermoréactions (IDR) avec les mêmes molécules à diverses concentrations. Un temps de lecture à 20 minutes est également recommandé.

Il est également possible de doser des IgE spécifiques (si elles sont disponibles). Elles sont peu spécifiques et peu sensibles.

Conduite à tenir :

  • En cas de bilan positif, le patient est donc allergique à l’amoxicilline (éviction définitive). Proposition d’une alternative thérapeutique avec possibilité d’un test de provocation orale (TPO) avec une autre classe de Beta lactamines dont les tests cutanés ont été négatifs. 
  • En cas de bilan négatif, un test de provocation orale est réalisé avec l’amoxicilline. Celui s’effectue à dose progressive, environ toutes les 30 minutes jusqu’à atteindre la dose voulue. 

Dans l’allergie immédiate médicamenteuse, les tests cutanés et la réintroduction se réalisent toujours en structure hospitalière, sous scope cardio tensionnel, à proximité d’un service de réanimation. 

Bibliographie :

1. J.C.Bonneau, C.Charpentier. Parcours de soins devant une réaction d’hypersensibilité au médicament : observation au cabinet du médecin généraliste et de l’allergologue. Etude prospective de décembre 2015 à mai 2016, en Maine-et-Loire et ses départements limitrophes. Thèse d’exercice : Médecine.

2. Chaabane A., Aouam K., Boughattas N.A., Chakroun M. Allergie aux bêtalactamines : mythe et réalités Med Mal Infect 2009 ;  39 : 278-287 .

3. Erkocoglu M., Kaya A., Civelek E., Ozcan C., Cakir B., Akan A. , et al. Prevalence of confirmed immediate-type hypersensitivity reactions among schoolchildren. Pediatr Allergy Immunol 2013 ;  24 : 160-167 .

4. hong B.Y.-H., Tan T.-C. Epidemiology and risk factors for drug allergy Br J Clin Pharmacol 2011 ;  71 (5) : 684-700.

5. Co Minh HB, Demoly P. Méthodologie et préparation des tests cutanés: pricktests et intradermoréactions à lecture immédiate. Diagnostic de l’allergie aux médicaments: tests cutanés: compte rendu du séminaire. 2005;43–54.

6. H. Haouichat, L. Guépard, S. Bourgeois, G. pauli, F. de Blay. Les tests cutanés dans l’exploration de l’allergie à la pénicilline. Revue Francaise d’Allergologie 2002

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